Tout au long de l'été, Edilbert Barcelo, apiculteur vigneron, passionné d'histoire, propose des circuits commentés au cœur de la garrigue : découvertes de vestiges et leçon de chose sont au menu !

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Téléphone : 04.68.40.16.48

découverte d'une borne romaine

 

Pour sortir des circuits traditionnels et découvrir la garrigue autrement, rien ne vaut une rencontre avec Edilbert Barcelo. Cet apiculteur vigneron basé sur Sigean n'a pas son pareil pour dévoiler les secrets nichés au cœur de la nature.

Féru d'histoire locale, il connaît les chemins qui mènent à la Via Domitia, aux anciens moulins, aux bornes romaines (photo ci-contre) ou encore à la chapelle St-Martin, située à Roquefort-des-Corbières. Un régal pour les vacanciers qui reviennent souvent d'année en année, juste pour goûter aux circuits animés de l'apiculteur.

 

 

découverte de la Via Domitia
Des romains aux abeilles.
Le départ est fixé à la "Miellerie Occitane" (zone artisanale des Aspres) en fin d'après-midi : les vacanciers sont au rendez-vous et ils mettront le cap sur la Via Domitia (photo ci-contre). Et sur l'antiquité, l'apiculteur en connaît un rayon !

Il n'hésite pas à donner des précisions historiques, à répondre aux questions tant qu'il connaît les réponses, "mais je réponds à ma façon", précise Edilbert Barcelo.

Avec une bonne dose d'humour et de convivialité, c'est l'occasion de porter un autre regard sur les pierres d'autrefois, découvrir l'histoire de la chapelle, savourer une vue imprenable sur la garrigue, apprendre à connaître les plantes emblématiques de cette garrigue ...

 

les ruches

 

 

Autre étape très appréciée des visiteurs, la découverte des ruches et le contact avec les abeilles (photo ci-contre)! Impressionnant et magique puisque les participants les plus courageux ont l'occasion d'approcher de très près les ouvrières du miel.

 

dégustation et découverte des produits

 

 

 

 

La balade s'achève toujours à la"Miellerie Occitane" : l'occasion d'émerveiller les enfants devant l'extraction du miel, de déguster tous les nectars fabriqués par les abeilles d'Edilbert Barvelo, de savourer grenache, hypocras, cartagène, hydromel ou jus de raisin (photo ci-contre).

 

 

 

Un véritable régal pour les sens,

mélange de senteurs et saveurs assaisonné de patrimoine et histoire locale.

Tout un programme !

La Via Domitia

 

 

 

 La Via Domitia tracée vers 188 avant J.-C. par le proconsul Cneus Domitius Ahennobarbus, reliait Rome à Cadix en Espagne. Cet axe, à la fois stratégique, politique et commercial, est aujourd’hui en passe de devenir un des plus importants symboles du développement du tourisme culturel en Languedoc-Roussillon.


 Un projet d'avenir

L’Association Régionale Via Domitia Languedoc-Roussillon créée en 1985, à l’initiative de Philippe Lamour, travaille au projet de réhabilitation culturelle de la plus ancienne et fameuse voie romaine de Gaule.
L’itinéraire qui s’étend au sud de Narbonne et qui traverse notre canton est l’un des moins aménagé et des plus méconnu du grand public. A ce jour, il n’a fait l’objet d’aucun projet cohérent : peu de supports d’information, pas d’itinéraires de découverte, pas de centres d’interprétation, ni d’animations pédagogiques, culturelles ou touristiques organisées. La valorisation de cet itinéraire qui traverse plusieurs communes : Portel, Roquefort, Sigean, Lapalme et Fitou devrait, par souci de cohérence et d’efficacité, être prise en compte par une communauté de communes.


Une histoire en devenir

Le tronçon de voie Domitienne compris entre Narbonne et Salses épouse de très près le cheminement de l’actuelle route d’Espagne sauf entre les abords de l’étang du Deume (Sigean) et Desferra Cabals (Roquefort). En effet, vers le milieu du XVIIIème siècle, le Chemin Royal quitta le vieux Cami Francès à hauteur du Deume pour gagner la plaine de Roquefort en opérant un détour par Sigean alors en marge du trafic routier. Le pont du Lac fut construit à cette occasion (entre 1746 et 1750) et Sigean supplanta le relais de Villefalse comme ville étape sur le chemin d’Espagne.

L’autoroute « La Catalane », mise en service en 1978, retrouva l’itinéraire primitif. Elle colle d’avantage à la voie romaine que la Nationale 9 et la chevauche même en certains points, au Sud de l’échangeur de Sigean. Quand on sait que les grandes orientations du tracé autoroutier ont été définies par l’informatique, on est surpris par la précision avec laquelle les romains, qui ne disposaient que des moyens rudimentaires, ont élaboré empiriquement un itinéraire si rationnel.

La Via Domitia en provenance de Narbonne par Prat-de-Cest (qui doit son nom à la borne milliaire ad sextum) entre sur la commune de Sigean par le lieu-dit Deume (dont le nom est rattaché au latin decimus, dixième mille de Narbonne) et poursuit en direction de Prat d’Audène (contraction probable du latin undecimus, correspondant au onzième mille). Elle franchissait la Berre au pied de l’oppidum de Pech Maho. Des vestiges d’une pile et d’un tablier de pont dans la rivière, à quelques mètres du gué de Villefalse, attestent de l’ancienneté de ce passage. Bien que l’existence de ce pont ne soit mentionnée qu’en 1335, il semblerait que les infrastructures de cette pile soit d’époque antique.
La Berre franchie, ainsi que la zone marécageuse des Légunes, l’emprise de l’autoroute suit approximativement l’itinéraire antique qui passait par le col de l’Agrède (du latin gradus : passage au col), traversait la plaine de Roquefort et franchissait « Les Côtes » aux lieux-dits Desferra-Cabal et la Calade, deux autres toponymes significatifs de vieilles routes.
Si la direction générale de la Via Domitia sur notre territoire ne semble plus susciter de polémiques (les propositions d’itinéraires par les garrigues, à l’Ouest de Roquefort, sont aujourd’hui considérées comme obsolètes ) en revanche son tracé précis pose encore de nombreux problèmes.
Dans un périmètre qui s’étend grossièrement de Grange Neuve (Domaine de Mattes) aux Quatre Chemins, à cheval sur les communes de Roquefort et de Sigean, se rencontrent au moins cinq portions de voies à ornières d’origines et d’époques différentes. Trois de ces voies, dont certaines présentent d’impressionnantes ornières, d’orientation approximative Nord-Sud, ont été assimilées au célèbre chemin de Domitius.
A environ deux kilomètres à l’Ouest de Sigean, de part et d’autre de la butte de Bérade, se remarquent les vestiges de plusieurs importantes voies d’époques diverses.
Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, le chemin d’Espagne, qui a légèrement fluctué au cours des âges, passait en ces lieux. Ces Portions de voies matérialisées par les traces que les chariots ont laissées sur les affleurements rocheux appartenaient à 5 chemins distincts.

On distingue en partant de l’Ouest :



- La voie dite de "grange neuve"

C’est l’une des plus aptes à susciter l’engouement du public ; très large, cinq à sept mètres selon les endroits avec plusieurs séries d’ornières bien marquées qui s’étirent sur près de 150 m. Elle pourrait correspondre, non pas à la voie Domitienne comme on la présente généralement, mais à une voie antique en provenance de Villesèque ou à un chemin d’exploitation du Gasparet sur lequel abondent les tessons gallo-romains.


- Le chemin de Narbonne à Perpignan

Plus à l’Est, le chemin qui passe au levant de la métairie de Grange Neuve et suit le ruisseau du Gasparet est beaucoup plus tardif. Dans le prolongement du gué de Villefalse et des anciens ponts du Prince et du Boulevard, ce chemin, qui se confond en grande partie avec l’actuel chemin de service, est un vestige de la voie royale qui fut utilisée jusqu’au milieu du XVIIIe siècle.



- La voie dite de "Fenouillet"

Miraculeusement épargnée par la tranchée du gazoduc, cette portion de voie a été redécouverte dans les années 1980. Envahie par les pins et le maquis, ce court tronçon de voie à rails d’une trentaine de mètres de long (il en reste autant à dégager), « très spectaculaire », a été nettoyé et balisé par des bénévoles roquefortois. Un seul regret, son baptême hâtif et abusif de voie Domitienne. Cette voie, en fait, se prolonge vers l’Ouest, au-delà du gué ; on en retrouve des traces très nettes présentant le même écartement caractéristique de 1,35 m. Elle se poursuit comme la voie de Grange Neuve en direction du Brugassa et du Gasparet.


- La voie sur Bérade

Sur la limite communale de Sigean et Roquefort, de direction NORD-Sud, ce chemin a été partiellement détruit par les aménagements autoroutiers. Une majorité d’observateurs tend à le considérer comme un des plus anciens du secteur (des silex taillés jonchent ses remblais). Son trajet sigeanais présente quelques ornières bien marquées ainsi qu’une intéressante portion dallée de 5 mètres de large. En empruntant la butte de Bérade, cette voie circulait en toute sécurité au milieu des zones marécageuses de Sainte-Croix et du Ginestas.
Elle frayait le passage le plus direct et le plus gradué qui soit entre le pont de Villefalse et le col de l’Agrède.


- Le chemin cadastré de Bérade

Enfin, que faut-il penser de l’ancienneté du chemin qui longe le flanc Est de Bérade en bordure de l’étang de Sainte Croix ? Ce chemin, dont le prolongement naturel vers le Nord semble être aussi le gué de Villefalse, suivait un tracé pratiquement rectiligne, parallèle au précédent, jusqu’au lieu-dit « Les Potences », toponyme médiéval bien identifié (où les condamnés, pendus de préférence, étaient exposés à la vue des passants) mais aussi emplacement d’une villa gallo-romaine.


Malheureusement, les rares ornières qui attestaient de « l’antiquité » de ce chemin ont été recouvertes par un enrobé en 2001. A l’intersection du chemin de la Bellisente, une ornière rescapée, dans le prolongement d’un muret, atteste que cet ancien chemin était légèrement décalé, vers l’Est, par rapport à l’actuel.
Auquel de ces chemins, sommairement décrits, correspond précisément la Via Domitia ? Dans l’état actuel des connaissances, il est prématuré d’avancer une réponse, même si l’hypothèse la plus en vue tendrait pour le passage sur la butte de Bérade.


Quoiqu’il en soit, le couloir routier défini par le vallon du Gasparet-Ginestas (dit du Boulevard) et la butte de Bérade (en liaison avec cette curieuse enclave roquefortoise de Grange Neuve) nous offre en raccourci une histoire de l’évolution du réseau routier (via Domitia, cami Francès, chemin royal …) depuis au moins l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle.
Il serait dommage, après un diagnostic plus poussé de l’état des lieux, de ne pas procéder à un aménagement concerté de l’ensemble de ces sites. Une action fédératrice est en cours sur l’ensemble du Languedoc-Roussillon, nos communautés ne doivent pas rester en marge de cette dynamique de développement.


Ce mouvement fédérateur dépasse le cadre régional, il s’inscrit dans un programme plus ambitieux intitulé « Voies romaines en Méditerranée », porteur certes d’un projet de sauvegarde de cet itinéraire mythique mais avec le dessein d’en faire, dans un deuxième temps, un grand axe du tourisme culturel.


- Département: Aude (11)
- Commune: Sigean / Port la Nouvelle
- Nombre d'éoliennes: 15 (10 de 660 kW/4 de 500 kW/1 de 200 kW)
- Puissance totale: 8,8 MW
- Production annuelle: 25 millions de kWh
- Date de mise en service: Juillet 1991
- Investissement: 8,7 millions d'euros


Ce parc contient la première éolienne implantée sur le territoire francais.


Communiqué de presse :

> 2 avril 2008 : La première éolienne de France fait peau neuve.

 

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Sigean ville étape, ville frontière


Le terme de frontière reste durant tout le Moyen Age une notion assez instable et difficile à saisir même s’il s’impose timidement, au début du XIVème siècle avec les sens de « fortification » «et de « ligne de front » dans le vocabulaire de l’administration royale.

La croisade contre les « Albigeois » qui déferle à partir de 1209 sur les terres du Midi s’achève un demi-siècle plus tard par la mainmise de la couronne de France sur le Languedoc.

En 1258, le traité de Corbeil règle, au détriment des seigneurs locaux, un vieux différend entre la maison de Barcelone Aragon et l’administration royale française. Le roi d’Aragon Jacques 1er abandonne son rêve d’expansion vers le nord en cédant tous ses droits sur le Languedoc, excepté Montpellier, et en contrepartie le roi de France Louis IX renonce à ses prétentions sur la Catalogne, le Roussillon et la Cerdagne, malgré des privilèges hérités de ses prédécesseurs carolingiens. La nouvelle frontière définie par le traité de Corbeil est fixé sur la ligne de crête des Corbières.

Durant 400 ans, de Saint Louis à Louis XIV, la ligne de crête des Corbières, située à peu près sur la limite actuelle du département de l’Aude et des Pyrénées Orientales fut une frontière entre les deux grands royaumes d’Aragon et de France.

Mais cette « frontière » définie en 1258 à Corbeil semble davantage reposer sur la mémoire des lieux et la transmission orale que sur un bornage : « la crête des montagnes qui forment le versant des eaux. » Plus qu’une ligne continue, précisément délimitée, elle apparaît comme un no man’s land, aux marges souvent contestées, d’où émergent quelques points remarquables valorisés par une tradition orale séculaire. Il s’ensuit que la limite entre les deux royaumes reste floue, peu lisible et induit de nombreux malentendus entre les sujets des rois de France et de Majorque. Des guerres éclatent entre les deux royaumes. Ainsi en 1493 Louis XI annexe les comtés de Roussillon et de Cerdagne.

En 1503 Louis XII envoie une armée en Roussillon qui échoue devant Salses. Les Espagnols ripostent et s’emparent du château de Leucate. Ils ravagent et incendient : « La Palme, Sigean, Fitou, Treilles, Roquefort-des-Corbières, Castelmaure, Saint Jean de Barrou, Fraïsse, Villesèque et autres châteaux, bourgs et villages du pays jusqu’à Narbonne. »

Ce n’est qu’en 1659 lors de l’annexion du Roussillon et d’une partie de la Cerdagne par la France que cette frontière franco espagnole est repoussée sur les Pyrénées.

Lieu historique et religieuxcalvaire

 

 

Construit en 1874 sur un cimetière désaffecté, le calvaire figure, par l’architecture soignée de ses stations, de son chemin de croix et de son environnement végétal singulier, comme un des calvaires les plus intéressants du département de l’Aude.

 Ouvert au public en journée. Accès par la rue du Nord.

 

 


L’extérieur

Les murs

Le Calvaire de Sigean est protégé par un enclos en pierre mesurant 80 m 90 de périmètre, environ 3 m de haut à son maximum et environ 0,50 m d’épaisseur.
Ce mur serait en partie constitué de pierres taillées issues de l’église primitive et de pierres plus irrégulières liées par un mortier : on peut qualifier cet appareil d’  « irrégulier ».
Les angles sont renforcés par de plus gros éléments. Le couronnement du mur est arrondi et recouvert de mortier pour en assurer l’étanchéité.

Les accès

Les deux entrées sont situées au Nord et à l’Ouest du calvaire. Elles sont toutes les deux composées de pilastres aux faces lisses et d’un portail métallique à deux battants de 2 m 95 (Nord) à 2 m 30 (Ouest) de haut et d’une ouverture de 2 m 20.
Chaque pilastre est surmonté d’un chapiteau « modeste » à l’Ouest et de chapiteaux cubiques non décorés au Nord. L’emmarchement au Nord se compose d’une série de 7 degrés mais est quasiment inexistant à l’Ouest.
A côté de l’entrée principale (Nord), on pourra lire sur une plaque en résine (copie de l’original ) : « PASSANS QUI PAR ICY PASSES, PRIES DIEU POUR NOUS TREPASSES. 1611 », accompagnée d’une tête de mort.


L’intérieur

L’entrée

Dès la porte nord franchie, on entre dans une allée délimitée de part et d’autre par deux petits murets. Ils sont construits avec les mêmes matériaux que le mur d’enceinte. Ils mesurent 7 m de long, 85 à 10 cm de haut. Ils sont en partie dissimulés par les massifs de buis.

La chapelle

On aperçoit ensuite la chapelle en forme de « grotte » ou encore de monticule rappelant le lieu où Jésus fut crucifié. La structure de la chapelle est en brique. Elle est recouverte de pierres (plafond, parois, extérieur).
Les marches qui permettent d’y accéder sont des pierres tombales de l’ancien cimetière mises les unes à côté des autres.
Les statues de Marie et du Christ, posées sur l’autel à l’intérieur, sont protégées par une grille.
La chapelle est surmontée d’une « croix en fer » mesurant 7 m de haut et d’un Christ en fonte long de 2 m et de deux statues : celles de Marie à gauche et de Saint Jean à droite.

Les stations station-calvaire

Le chemin de croix débute avec la station n°1 à gauche de la chapelle.
Il se poursuit sur tout le périmètre intérieur du jardin du calvaire jusqu’à la station n°14 à droite de la chapelle.
Les 14 stations indépendantes sont toutes construites sur le même modèle. Leur style décoratif  est inspiré de l’ordre corinthien grec.
Ces stations sont constituées de différents blocs de pierres taillées en grès et calcaire maintenus par du mortier. Chaque station possède en son centre, dans une niche, une scène du chemin de croix du Christ en céramique.

Le puits

Lors de la promenade, on apercevra un puits dans le coin Sud-Est du calvaire. Il est complet mais effondré et composé de blocs de pierre  taillée.

La végétation

Élément intégrant du calvaire, la végétation nous en dit beaucoup sur la symbolique religieuse du lieu. Il est important d’en tenir compte et de préserver la diversité végétale du site et ce, malgré les désagréments qu’elle cause.


CHANTIER DE RÉNOVATION DU CALVAIRE

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