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conférence du 15 octobre

SUCCES POUR LA CONFERENCE SUR PECH MAHO

Ce sont 80 personnes qui se sont pressées à la Mairie annexe de Sigean pour écouter la conférence d’Eric Gailledrat ce vendredi 15 octobre 2010 à partir de 18 h 00.

Parmi elles, des élus dont le 1er magistrat, Monsieur Roger Combes, Agnès Baradon l’Adjointe à la Culture et au Patrimoine, Monsieur Roger Miailhe 1er Adjoint et Président de la Communauté de Communes Corbières en Méditerranée et Liliane Khloudeeff, l’Adjointe aux Affaires Sociales. Parmi le public, beaucoup de sigeannais mais aussi des gens venus des Corbières, de Narbonne, de Leucate et même de Nice.

Monsieur le Maire a exposé rapidement l’historique du site, depuis sa découverte en 1913 par Henri Rouzaud et ensuite Eric Gailledrat s’est présenté au public.

Cet ancien pensionnaire de la Casa de Velázquez à Madrid a obtenu son Doctorat en archéologie à La Sorbonne (Université de Paris I) en 1996. Il portait sur « Les Ibères de l’Ebre à l’Hérault ».
Spécialiste des sociétés protohistoriques de Méditerranée nord-occidentale mais aussi céramologue il est, depuis 1998, responsable des fouilles programmées sur l’Oppidum de Pech Maho. La remise à plat des données de ces prédécesseurs (Messieurs Campardou et Solier) lui a permis de publier avec ce dernier, en 2004, dans les Monographies d’Archéologie Méditerranéennes, un bilan des fouilles de 1959 à 1979 intitulé « l’Etablissement côtier de Pech Maho aux VIème – Vème siècle avant JC ». Depuis cette date de nouvelles fouilles ont été menées sur l’Oppidum. Elles ont lieu tous les ans en août/septembre. Ce sont les résultats de ces sept dernières années de travaux qu’Eric Gailledrat s’est donc employé à dévoiler au public ce vendredi.

Eric Gailledrat a démarré son propos en faisant une présentation du contexte géographique méditerranéen et historique qui ont permis la création de l’Oppidum de Pech Maho à l’endroit précis où il a été bâti : convergence des voies maritime (Méditerranée), fluviale (Berre) et terrestre (voie d’Espagne). Ce comptoir commercial, lieu de passage de marchands d’origines diverses (grecs, étrusques, ibères, …) importait des denrées « exotiques » pour l’époque : vin, huile d’olive, vaisselle fine mais aussi de nouvelles techniques : tour de potier, modes de construction et architecture. Les exportations quant à elles portaient plutôt sur des céréales (blé, orge), des animaux ou produits dérivés (charcuterie), minerais ou objets fabriqués en fer (à ce jour 8 ateliers de forge ont été observés sur le site) mais aussi esclaves. Ces opérations commerciales étaient structurées, comme en témoigne la plaque de plomb inscrite en ionien archaïque qui porte le texte d’un contrat de vente de bateau (akation).

L’Oppidum de Pech Maho était doté d’un appareil défensif démesuré par rapport à la surface habitée. Les remparts avaient en fait une vocation de protection physique mais aussi un rôle ostentatoire sur ce site en zone de con tact entre l’aire d’influence de Marseille et celle d’Ampurias sur la voie majeure de communication de l’époque : la voie d’Espagne. Malheureusement ces fortifications n’ont pas résistées à une attaque, probablement romaine à la fin du IIIème siècle avant JC.

Par la suite des funérailles héroïques ont été organisées : un grand bûcher collectif d’une dizaine d’individus fut dressé, des sacrifices rituels pratiqués sur plusieurs dizaines de chevaux, un repas partagé. Tout ceci rend le site de Pech Maho exceptionnel et incite Eric Gailledrat à envisager de nouvelles fouilles, mais de plus grande ampleur à partir de 2015.

La conférence s’est clôturée par un apéritif convivial, durant lequel Eric Gailledrat a été assaillit par les questions des plus passionnés.