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Les collections archéologiques du Musée des Corbières à Sigean se déploient sur tout le premier étage du bâtiment, situé Place de la Libération.


Nous vous proposons de suivre un itinéraire au travers des 7 salles (de A à F) que compose cette partie du musée. Cette visite « virtuelle » vous permettra d’aiguiser votre curiosité, le musée vous accueillant les lundis et vendredis de 14h à 18h, les mardis, jeudis de 9h à 12h et les samedis matin de 9h à 12h pour les visites guidées musée et oppidum de Pech Maho.

plan


Présentation de la protohistoire dans les Corbières


L’Age du Fer, qui débute vers le VIIe siècle avant J.-C., est une période de profonde mutation (sociales, économiques, techniques …) dans les sociétés indigènes de la Gaule  méridionale.
Grâce à une ouverture au commerce méditerranéen, l’économie régionale est stimulée et les conditions de vie sont largement améliorées.
Ce sont les Grecs des îles (Rhodes, Samos …) et les Phénico-Puniques qui, les premiers, explorent notre rivage. Puis, le commerce connaît un développement considérable au VI s., lorsque le littoral est fréquenté par les Puniques de l’Espagne, les Étrusques et les Grecs de Phocée.
Le Narbonnais commerçait avec tout le monde méditerranéen : Hellènes, Grecs de Marseille, Phéniciens, Afrique du Nord, Celtes et Ibères !
Les Basses Corbières, comme l'ensemble du Narbonnais, sont occupées du VIe au IIe siècle av. J.-C. par la peuplade des Elisyques. Leur capitale, Naro, se situait au carrefour des routes d'Aquitaine et d'Espagne non loin de l'embouchure du fleuve Atax (Aude).
Dans l'orbite du chef-lieu gravitaient de nombreux oppida, tel PECH MAHO, fortin commandant la Voie d'Espagne et relais maritime.

 amphores

 


La découverte de nombreuses amphores vinaires et de vases à boire dans les sites côtiers utilisés comme relais par les navigateurs (commerçants) illustre bien l’importance du vin, base du trafic en Méditerranée.


Le dépôt d’amphores, retrouvé dans l’entrepôt commercial de Pech Maho est d’origine gréco-italique ou italo-massaliote. Ces amphores servaient au transport du vin, objet de troc et d’échange. Brisées lors du sac de l’oppidum, certaines sont porteuses d’inscriptions ibériques.

 

 



Un comptoir ibérisé : le site exceptionnel de PECH MAHO

Découvert en 1913, cela fait presque un siècle que l’oppidum livre son histoire aux archéologues. « Pech Maho » vient de la toponymie du site, on ne connaît pas le nom protohistorique de ce village.

vue oppidum


Pourquoi s’être installé sur ce petit promontoire ?


- Une topographique avantageuse (colline en forme triangulaire, naturellement protégée sur deux de ses côtés) favorisant l’installation d’un habitat du type « éperon barré ».
- La proximité des étangs de Bages et de Sigean, anciennement reliés à la mer par l’intermédiaire de graus aujourd’hui colmatés.
- Une voie de passage obligé en direction du Roussillon, non loin, que l’on peut supposer correspondre au tracé de la « Voie Héracléenne ».


Les deux rôles principaux de Pech Maho


- Une fonction commerciale en tant que comptoir maritime.
- Un rôle stratégique : la défense avancée du territoire Elisyque, car la limite ethnoculturelle avec la peuplade des Sordes, dont le territoire commençait vers Salses, était toute proche.

destruction du site

 

 

Détruit, ou ravagé, au début du Ve s., puis au IVe s., l’oppidum est chaque fois réoccupé sans solution de continuité par ses habitants. Mais il est l’objet, peu avant 200 av. J.-C., d’une destruction brutale à laquelle il n’a pas survécu.

La désertion du site a été précédée de violents combats ayant laissé des traces archéologiques (débris d’armes, chevaux tués …) suivis d’une destruction systématique (maisons incendiées, mobiliers saccagés, remparts démantelés …).

A cette fin brutale se rattache également un bûcher collectif dont les corps incinérés étaient, en grande partie ceux de guerriers.

 



Les premières importations méditerranéennes


La céramique est le type de mobilier le plus fréquemment retrouvé sur les sites archéologiques … Il permet de comprendre beaucoup de chose sur une civilisation passée, tels que les coutumes funéraires, les pratiques alimentaires, mais aussi la complexité des échanges commerciaux et les influences culturelles des autres civilisations.
A Pech Maho, on se rend bien compte de l’ampleur du commerce méditerranéen, surtout, avec la péninsule ibérique, durant tout l’Age du Fer sur le littoral audois.

fresque

 

Cette scène de combat de guerriers grecs est une scène de la vie quotidienne. Ce skyphos attique prouve que les échanges de vases peints existent et qu’il ne s’agit pas uniquement d’échanger des céramiques pour le transport de denrées.

L’influence culturelle hellénistique commence dès le VIIe s.

 

 coupe

Cette étonnante coupe ionienne à yeux et rosettes de points devait certainement servir à des rites prophylactiques (ayant pour but d’empêcher l’apparition ou l’aggravation de maladies à l’aide de moyens médicaux).

 



Artisanat et vie quotidienne à Pech Maho


CDMA - Jarre

 

La vitrine 5 présente des céramiques du VIe et Ve siècles : jarres languedocienne peintes, productions grises imitant les vases indigènes et productions grises d’inspiration méditerranéenne.

On constate fortement l’influence ibérique, surtout au Ve siècle, par nombre de céramiques importées d’Espagne et reproduites par les potiers indigènes : jarres, coupes, plats, urnes, de couleur claire agrémentés de motifs géométriques peints.

 

CDMA - céramique

 

 

La vitrine 6 nous montre des céramiques indigènes modelées du VIe au IIIe siècle. Répondant pour l’essentiel aux mêmes besoins culinaires pendant des siècles, ils offrent peu d’innovations dans les formes : marmites, urnes, jattes, pots et dans les décors. Les changements sont techniques : disparition du polissage et introduction du peignage.

 

 

 

A table ! Comment les peuples protohistoriques conservent et consomment la nourriture ? vitrine 7


La vitalité de l’agriculture est attestée dans tous les sites de l’Age du Fer par un nombre important de meules et un outillage élaboré : serpettes, faucilles … En outre, de fréquentes traces de graines carbonisées nous informent sur les espèces cultivées : blés tendres et blés amidonniers, orge, lentilles, pois.

serpe

 

 

Pépins de raisins, reste d’une meule et serpe en fer.faisselle

 

 

                Fond de faisselle en terre cuite utilisé pour écumer le petit lait.

 

 

 

 

 A l’Age du Fer, on utilise … le fer ! vitrine 8


Le fer, le cuivre et le plomb, extraits des mines des Corbières, étaient couramment utilisés dans les oppida.
Ainsi, à Pech Maho, on a découvert dans une forge du IIIe siècle av. J.-C., un four d’argile et des tuyères en forme de V correspondant à des soufflets à outres jumelées que le forgeron actionnait alternativement. Le fer ne se moulait pas. Il était travaillé à la forge en chauffant le métal pour le ramollir, puis le martelant pour lui donner sa forme.

CDMA - umbo

 

Parmi les débris d’armes issus du niveau d’abandon de Pech Maho, figurent des fragments de boucliers. Ils étaient constitués de matière périssables, ainsi seuls les éléments métalliques sont parvenus jusqu’à nous ; ici, l’umbo, partie saillante placée au centre du bouclier. Derrière l’umbo, le guerrier pouvait abriter sa main.

 CDMA - fibule

On se pare et on s’habille … la toilette des hommes protohistoriques vitrine 9 et 9 bis
Pince à épiler, bague, bracelets, anneaux de ceintures … la coquetterie est intemporelle !

La fibule est une agrafe qui permettait à nos ancêtres de maintenir certains de leurs vêtements (capes, toges). C’est un objet très courant de la vie quotidienne.

Sur le site de Pech Maho, l’artisanat textile a laissé de nombreuses fusaïoles (éléments de filage, assurant l’équilibre du fuseau pendant sa rotation), des pesons, des peignes à carder la laine.

 



Quelques aspects de la vie cultuelle

La tombe du chef ou le culte du héro vitrine 10

Cette sépulture date, vraisemblablement, du début du IIIe siècle av. J.-C..
Il s’agit de la tombe d’un personnage important de la communauté qui a certainement été héroïsé comme le prouve le nombre et la qualité du mobilier funéraire retrouvé : petits vases d’offrandes (olpés, oenochoés), armes en fer pliées ou cassées (couteaux, pointes de flèches), offrandes alimentaires.

CDMA - bijoux en or

 

Les offrandes funéraires sont parfois d’une grande richesse … cela dépend du statut qu’avait le mort. Toutes les tombes ne recèlent pas de bijoux en or !

Parmi les pratiques cultuelles connues, celle de la présentation des « têtes coupées », symbole de la puissance du guerrier, est particulièrement singulière.
En effet, les Elisyques fixaient les crânes de leurs ennemis par des clous et les exposaient souvent à l’entrée des cabanes ou sur un pilier dressé près de la porte principale de l’oppidum.

 

Entre Grecs et Ibères, qui influent le plus sur Pech Maho et ses habitants ?

Dans la cité reconstruite au Ve s., on reconnaît certains principes d’architecture grecque dans l’aménagement défensif du site : tours carrées, remparts couronnés de merlons, porte défendue par un bastion et doublée par une poterne, ect. Tout aussi révélateur de l’ambiancechapiteau taillé méditerranéenne, un chapiteau taillé dans la pierre locale imite maladroitement l’ordre ionique.
En outre, une précieuse tablette de plomb du Ve siècle, écrite en grec et en étrusque sur l’autre face, révèle que l’emploi du grec était réservé à certains contrats de commerce.

Ainsi, si l’hellénisation paraît bien réelle à travers des contrefaçons, les maladresses trahissent le caractère superficiel de cette influence.

La culture des indigènes restait foncièrement indigène, comme le prouve l’emploi courant de la langue ibère et non du grec. Les produits ibériques et leurs imitations ibéro-languedocienne ont fortement circulé dans l’ensemble du pays narbonnais.

plomb inscrit

 

Les plus anciens écrits de l’histoire audoise … des objets exceptionnels ! Les ibères ont également laidessin plombssé quantité d’inscriptions sur des vases des IVe et IIIe s., mais surtout quatre textes gravés sur des feuilles de plomb par des indigènes de Pech Maho à la fin du IIIe s.

 

Il s’agit peut être de contrats de commerce, mais on ne pourra vraiement le savoir que le jour où la langue ibère (pour l’instant lue mais non comprise) sera déchiffrée.

 

 

 

 

 



Autres facettes du mobilier : importations, vases de luxe, …


Dans les Corbières, et notamment à Pech Maho, le commerce des vases de l’Attique atteint son maximum d’intensité à la fin du Ve siècle.

La vitrine 14 présente des vases grecs et italiques, importés entre le Ve et IVe siècle et caractérisant le luxe dans le quel vivaient certains habitants de Pech Maho.

rhyton

 

On peut remarquer en particulier le rhyton en forme de sphinx assis retrouvé, daté de la 2ème moitié du Ve siècle et attribué à l’atelier du potier « Sotadès ». Le rhyton est un vase à offrandes liquides.

Les vitrines 15 et 16 nous montrent la diversité des provenances de céramiques au IIIe siècle : vases à vernis noirs d’Espagne et d’Italie, importations ibériques et vases ibéro-languedociens.

En effet, durant tout le second Age du Fer, l'activité des marchands de Marseille, Agde et Ampurias, s'intensifie. Au IIIe s., Ampurias (importante cité ibérique, aujourd'hui non loin de Figueras) semble jouer un rôle essentiel dans le commerce et bénéficie d’un quasi monopole dans le narbonnais.flacon à Garum


C
e flacon à Garum (sauce grecque, à base de jus de poissons et de sel) en céramique brunâtre témoigne du haut niveau social de son propriétaire.
Il était d’usage, lors des repas offerts à de hauts personnages, que le maître de maison verse du Garum sur les mets proposés. Un exemple comparable, mais en bronze, est conservé à Princeton, aux Etats-Unis.

Le flacon, légèrement endommagé, représente un personnage de comédie antique : l’esclave grec Strobilos a volé à son maître avare une marmite où était caché son trésor.
Les cris du désespoir que jette son maître semblent le rendre hilare ! Il s’agit d’une œuvre hellénistique tirée de la comédie de Ménandre « le bourreau de soi-même », œuvre reprise à l’époque romaine par Plaute, et plus près de nous par Molière dans l’Avare !

 



Découvertes romaines et gallo-romaines dans les Corbières méditerranéennes


 Pech Maho, détruit vers 200 av. J.-C., ne voit pas l’arrivée des romains en terre narbonnaise. Ces derniers, déjà bien implantés grâce au commerce, fondent en 118 av. J.-C. la Colonia Narbo Martius et prennent Narbonne pour capitale. Il s’agit de la première colonie transalpine, c’est-à-dire hors d’Italie ! La romanité s’étend dans les Corbières et sur le littoral, ce dont témoignent les vestiges de nombreuses villae, mais également la présence de la Via Domitia et de plusieurs nécropoles. La création de la colonie leur permet de mieux veiller aux intérêts des négociants romains, mais elle apparaît aussi comme une « base arrière » permettant d’alimenter les légions engagées dans la difficile pacification de l’Espagne.borne milliaire

La borne milliaire retrouvée à la limite des communes de Caves et de Lapalme, a été érigée lors du premier bornage de la Via Domitia en 118 av. J.-C..
La Via Domitia, du nom de son initiateur Domitius Ahenobarbus, permettait de relier l’Italie à la péninsule ibérique. De manière générale, elle reprend le tracé de la route indigène du territoire, la voie Héracléenne, qu’empruntaient les marchands Etrusques, Puniques, Grecs, Ibères. Au final, les travaux consistaient principalement à rectifier, par endroits, l’ancien tracé et à dresser des bornes de mille en mille (mille romain = 1480m).

 

CDMA - statuettesPlusieurs objets liés à des cultes ont également été retrouvés.
Ils témoignent du développement artistique de l’époque. Par exemple, les offrandes de la Grotte des Fées à Leucate.
Ces figurines en terre cuite correspondent à des ex-voto offerts aux divinités par des habitants de Leucate. Ces statuettes du début de notre ère, grossièrement modelées en terre grise, jaune ou rouge représentent des divinités difficilement identifiables (Mercure, Minerve, Vénus) et des personnages drapés.

De cette époque, on a découvert plusieurs domaines agricoles qui ont fourni de très intéressants objets de la vie quotidienne : vases sigillés, jeux de marelle, petite flûte démontable, monnaies etc.

Enfin, la dernière vitrine permet d’entrevoir la période qui suit l’hégémonie romaine : les débuts du christianisme et la domination wisigothe. L’inhumation des corps devient le rite funéraire exclusif et la croix du Christ apparaît dans l’iconographie.